Mea culpa

Dans l’interview d’après match, Rudy Garcia a reconnu ses torts. Ce qui démontre courage, honnêteté, lucidité et une sacrée confiance en soi. Avouer : « Nous avons laissé jouer le Bayern et c’est de ma faute. Je me suis trompé de stratégie » c’est signifier à la terre entière et à ses joueurs que l’on se sent responsable. Dans tous les sens du terme.  Cerveau, chef, inspirateur, instigateur, locomotive, maître d’œuvre, meneur, moteur, organisateur, patron et décisionnaire. Mais aussi coupable et fautif. En reconnaissant son erreur, il l’accepte. La banalise  en lui accordant une dimension exceptionnelle, anecdotique. Il se donne le droit du mauvais choix. Ce qui nous paraît normal au quotidien. Mais pas dans ce contexte. Son mea culpa a pour avantage de déresponsabiliser ses footballeurs de la déroute, de ne les remettre ni en cause ni en question, d’essayer de les laisser croire en eux. De tenter de fortifier leurs estimes d’eux-mêmes. Pour un excellent management des hommes. Sans garantie.

Mais qu’entreprendre contre un adversaire de cette dimension ? Qui presse âprement, sans répit, avec agressivité et concentration. Et qui paraît si précis techniquement que la perte de balle semble hautement improbable. Et qui conserve la sphère avec l’intention d’attaquer et de marquer. Rapidement. Merci Guardiola.

Rudy avait choisi de rester fidèle à ses conceptions contre Munich. Comme un grand. Sans concessions à l’égard de ses convictions, décisives en championnat. Avec l’initiative qu’offre la possession du cuir. Avec un jeu libéré, optimiste. En pariant réussir à imposer son style pour obliger les Allemands à s’adapter. Sans volonté exacerbée de défendre uniquement.

Le glorieux projet s’est transformé en déroute. Reste à demeurer confiant, serein, sûr de ses forces et positif. Pour chasser les mauvaises ruminements. Un challenge difficile.

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