Jours Paire

S’il n’égale ni Guy Forget ni Jean-Paul Loth, au verbe plus fleuri, à la pertinence avérée, Benoit Paire, consultant pendant le Tournoi BNP Paribas, témoigne d’une autre facette de son talent. Qui profitera à l’image du tennisman.

J’aime beaucoup le joueur. Caractériel. Qui peut manquer de maitrise. Qui dégoupille. Qui se fâche avec le monde entier. Mais surtout avec lui-même. Qui s’impose la perfection et qui s’irrite de ne l’atteindre qu’en rares instants. Certaines de ses claques sont fulgurantes. En coup droit. En revers. En vitesse et en toucher. En force ou en amorti. J’adore ses inspirations de fou.

Je suis persuadé qu’un champion naît plus facilement d’un caractère mal léché que d’un profil sans relief. Que l’expérience, la maturité parviennent souvent à estomper les aspérités pour ne laisser éclore que le meilleur. Ce que nous constaterons après sa longue blessure.

Au microphone, Benoit m’épate. Il parle bien et vite. Du jeu. De la technique. De la stratégie. Du tennis. De ses adversaires qu’il respecte. De ses amis (même les suisses avant la finale de Coupe Davis) qu’il défend. Des rapports de forces avant les matches. Son vocabulaire est précis, juste. Il explique. Éclaire.

Avec Paire, Canal+ a révélé un ace.