« Le message ne passait plus »

La phrase tombe comme le couperet d’une guillotine. Tony Parker, le président de l’ASVEL a congédié son entraîneur et ami Pierre Vincent. Si l’on croit le dicton : « Dans l’adversité, on connaît ses amis », on peut considérer que l’un et l’autre ont perdu un pote. Pour de longues années. Le traumatisme du licenciement est trop violent pour qu’il ne subsiste pas un relent de rancœur.

Pendant presque deux décennies, j’ai pratiqué le même métier que Pierre, dans un sport différent. Avec la crainte identique de la phrase fatale. Avec la peur des conséquences de la sentence. Avec l’angoisse de la remise en cause totale de ma capacité. Mais sans effroi devant cette réalité fugace et attestée. Par instant, la communication ne pose aucun problème. Un seul sourire, une accolade, un clin d’œil, un mot aident à se faire comprendre. Et parfois, pendant une éphémère période, malheureusement indéterminée, toute l’énergie, la dialectique et la volonté de gagner ne suffisent pas. Le court-circuit est total. Les impulsions données restent sans effet. Le coach perd son influence sur son groupe.

J’ai longtemps tu cette tare. En pensant qu’elle m’appartenait totalement. Qu’elle provenait de mes manques dans le management. Puisque je l’ai vécue durant toutes mes saisons. Sans exception. Pendant les mauvaises. Les ratées. Lors des excellentes également.

Il fallait entretenir une relation de confiance pour oser poser la question à Wenger, monstre de pérennité. Arsène, comme toujours, a répliqué avec la même franchise, avec la précision chirurgicale des mots qui répondent définitivement à tes interrogations. Oui. Arsène, lui aussi, traverse les troubles identiques de transmission. Lors des bonnes années. Pendant les mauvaises. Son explication m’a soulagé. Et me permet d’affirmer :

Pierre Vincent a été licencié pour cause de résultats insuffisants. Comme souvent.

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