Le dos de Roger

Voici une quinzaine de jours, lors du tournoi de Bercy, les journalistes français demandaient avec insistance à Federer, si son programme de fin d’année n’allait pas être surchargé. 6 victoires et une défaite plus tard, après des succès dans les tournois de Shanghai et de Bâle, Roger coince. Ou plutôt son dos.

Certains lui reprocheront sa boulimie de titre. Pas moi. Et sa conséquence douloureuse. Le Suisse a renoncé à la Finale du Masters. Et on s’interroge au sujet sa participation à la Finale de la Coupe Davis. Va-t-il jouer ? Et si oui, dans quel état ? Avec quelle préparation sur terre battue ?

Le surmenage peut déclencher des problèmes mécaniques, même chez un athlète harmonieux comme Federer. Mais je pencherais plus pour un blocage psychosomatique après le duel âpre, épique et autodestructeur contre son coéquipier Wawrinka. « La personne ayant mal au dos à l’impression de devoir trop endosser. Parce qu’on lui en demande trop, ou parce qu’elle-même est trop exigeante, elle s’encombre de fardeaux trop lourds pour elle. »

L’attente de tout un pays pèse sur le numéro 2 de l’ATP, Roger, pas sur le numéro 4, Stan. C’est à lui de ramener le saladier. Pour tout un peuple. Pour lui, qui rêve tant de remplir sa vitrine de tous les trophées. La pression sur lui est démesurée. L’esprit fait disjoncter le corps. Et le poids de l’expectative recommence à être supportable. Convalescent, mal préparé, il retrouve le droit de perdre. Et le Maître redevient encore plus humain. Avec ses petites faiblesses. Qui me le rendent encore plus sympathique.

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