Suisse Legends ou l’art de savoir perdre

Andy Egli, ex-international charismatique qui anime et organise les matches des ex-internationaux helvétiques l’a révélé après notre dernière partie : les Suisse Legends ont disputé 52 rencontres. C’est la seule statistique qu’il concède. Et c’est mieux ainsi.

À Ulrichen, contre une sélection FIFA, je dirigeais ce team depuis le banc de touche pour la quatrième fois. Et j’y ai pris plaisir. Enfin.

Joie des retrouvailles. Bonheur de faire ressurgir une certaine nostalgie chez les spectateurs. Attitude positive en permanence. Et oubli du score, découvert lors du verre de l’amitié, pour une défaite 9 à 5. Contre une équipe beaucoup plus jeune. D’au moins 15 ans de moyenne d’âge dans ce cas.

Les deux dernières fois contre des clubs et des joueurs de niveau inférieur dans la pleine force de l’âge, je n’avais pas aimé l’exercice. Coach professionnel, j’avais toujours tenté de modeler l’équipe la plus forte possible. Là, il s’agissait d’aligner la moins mauvaise imaginable, pour faire évoluer tous les présents, les moins vieux comme les plus âgés.

Dans le haut Valais, j’ai admiré Karl Engel, 63 ans, encore capable de plonger. Et de se relever après. Sans dégâts. J’ai apprécié les interceptions d’Egli, 57 ans, en défense centrale, puis celle de Wehrli, 59 ans qui l’a remplacé dans cette partie jouée à 8 contre 8. Latéral droit, Lubamba, 39 ans, a bien pris un peu d’embonpoint, comme Yvan Quentin, 45 ans, à gauche, mais ils conservent une certaine tonicité. Comme Ohrel, 47 ans, en 6, encore très mobile, malgré son surpoids. Et qui distille de belles passes. Je suis fier d’avoir sorti Mario Cataluppi, 41 ans, toujours en jambe, offensif, buteur lors de 10 dernières minutes, au profit de Didi Andrey, 64 ans, qui a eu le temps de tenter et de réussir une biscouette ébouriffante sans se blesser. J’ai aimé Rama, 39 ans, qui marque avec régularité. J’ai jubilé en voyant marquer Stéphane Chapuisat, 46 ans, un but de classe, tout en finesse et légèreté, avec un contrôle subtil, suivi d’une feinte avant un petit pont et un tir victorieux. Du grand art.

J’ai adoré le weekend, les paysages et les villages de la vallée de Conches, le tournoi de golf joué en scramble et les visites aux amis, en passant. Je réussis enfin à perdre avec le sourire. Quel privilège.

Leave a comment

Please be polite. We appreciate that. Your email address will not be published and required fields are marked