Séjour nord-américain

J’étais à New York lors des matchs d’ouverture de l’US Open de tennis. J’étais à Boston pendant les premières parties de golf du Deutsche Bank Championship du PGA Tour avec la présence de la majorité des meilleurs joueurs du globe qui verra Jordan Spieth, numéro 1 mondial, rater le cut et Fowler l’emporter devant Stenson. J’étais à Québec au moment du Grand Prix cycliste de Québec remporté par Uran. Mais je n’ai assisté à aucun de ces événements majeurs. J’étais en Amérique du Nord pour conjuguer vacances avec découverte, musées, culture, vie quotidienne des autochtones, gastronomie et grands espaces.
Au retour de long périples de marches, je ne me suis pourtant pas privé de regarder la télévision et le sport en particulier. Pour constater, avec une légère tristesse au coin de l’œil que les tennismen locaux étaient privilégiés en temps d’antenne, au détriment de débats plus excitants. Et que si vous vouliez zapper le chauvinisme 50 étoiles vous tombiez immanquablement sur du baseball ou du football américain. Qui ne sont pas (encore ?) ma tasse de thé. Peu ou pas de soccer, même pendant les matchs internationaux.
Au Québec, sur la chaîne RDS, j’ai suivi l’US Open, commenté par une consultante féminine, même pour les parties masculines. Avec un rythme de parole plutôt lent, calme, sans accent québécois trop prononcé, bourré d’expressions locales, souvent traduites de l’anglais*. (J’ai eu du mal à comprendre que le bris était un break et qu’un joueur breaké était brisé). Cela m’a bien fait sourire, puis petit à petit, transporté de satisfaction. Le mot d’Hélène Pelletier, 12 fois championne du Canada et entraîneuse (entre autre) est précis, imagé et instructif. Il précède l’action, explique, dissèque d’un ton bienveillant. Il évite la critique et la leçon, piège dans lequel tombe presque tous les ex-champions. Il réussit même à couvrir d’éloge l’échec d’un coup, parce que, stratégiquement, en tenant compte des caractéristiques de chaque joueurs et du scénario de la rencontre et du score, la tentative s’était révélée la plus adaptée.

Je retrouverai avec plaisir Guy Forget et Jean-Paul Loth au commentaire en France, mais l’état d’esprit positif et bourré d’information d’Hélène Pelletier me manquera.

* En golf, le green devient le vers et le putter, le fer plat.