Etude tactique

    Voici plus de dix ans, j’ai été invité par La Fédération Allemande de Football, ou plutôt par l’Union des Entraineurs chargée des cours de recyclage  de ses membres, à expliquer le fonctionnement du jeu en zone. En ce temps-là, les équipes de Bundesliga évoluaient en 3-5-2, avec un marquage individuel et un libero. J’ai connu quelques problèmes de traduction basique. Je parlais de « Raumdeckung » (marquage de zone) où ils s’exprimaient par « Viererkette » (chaîne de quatre). Ils semblaient terrorisés par l’absence d’un « balayeur » chargé d’arrêter tous les ballons en profondeur.

    Aujourd’hui la révolution est complète. Joachim Loew, le coach allemand avoue : « Mon système préféré est le 4-4-2 » et il ajoute : « mais j’ai la chance de pouvoir en changer. Je peux aussi n’aligner qu’un seul attaquant, ou trois. La tactique est une chose, le jeu en est une autre. La manière de bouger, de faire vivre le ballon est aussi importante.» De nos jours, la rigidité du système de jeu fait place à plus de souplesse. En fonction des qualités de ses propres joueurs. Par rapport à celle de l’adversaire. Le 4-5-1 avec pressing très haut contre le Portugal a merveilleusement fonctionné. Il avait pour objectif de pourrir la relance lusitanienne, de casser le style de jeu adverse. Et aussi longtemps que la « Mannschaft » a réussi à perturber les premières passes adverses, elle a dominé la partie.

    Pour préparer la demi-finale contre la Turquie, Joachim prévient : « Nous devrons imposer notre jeu. Nous allons étudier plus précisément le leur, et leurs forces. On ne sait pas quel sera le déroulement du match, mais il faudra s’adapter et trouver les réponses. Les deux équipes sont capables de défendre et d’attaquer. Nous devrons de toute façon prendre nos responsabilités. Cette équipe est beaucoup plus imprévisible que le Portugal. Franchement, c’est du 50-50″.

    Ce qui traduit quelques évidences. L’Allemagne ne veut pas revêtir le rôle du favori, avec les responsabilités qui lui incombent en terme d’action et de jeu. L’Allemagne craint l’inconnu, car elle ne peut pas se préparer avec certitude et qu’elle devra improviser. L’Allemagne, comme toutes les équipes, présente le prochain adversaire comme le plus redoutable. Peut-être pas à tort.

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